Capítulo 87 de 143
8
8. Le prince de Lou voulait faire Chin-tseu son général d'armée. MENG-TSEU dit: Se servir du peuple sans qu'on l'ait instruit auparavant [des rites et de la justice], c'est ce qu'on appelle pousser le peuple à sa perte. Ceux qui poussaient le peuple à sa perte n'étaient pas tolérés par la génération de Yao et de Chun.
En supposant que dans un seul combat vous vainquiez les troupes de Thsi, et que vous occupiez Nan-yang [ville de ce royaume]; dans ce cas même, vous ne devriez pas encore agir comme vous en avez le projet.
Chin-tseu, changeant de couleur à ces paroles qui ne lui faisaient pas plaisir, dit: «Voilà ce que j'ignore.»
MENG-TSEU dit: Je vous avertis très-clairement que cela ne convient pas. Le territoire du fils du Ciel consiste en mille li d'étendue sur chaque côté. S'il n'avait pas mille li, il ne suffirait pas à recevoir tous les différents princes.
Le territoire des Tchou-heou, ou différents princes, consiste en cent li détendue de chaque côté. S'il n'avait pas cent li, il ne suffirait pas à observer les usages prescrits dans le livre des statuts du temple dédié aux ancêtres.
Tcheou-koung accepta une principauté dans le royaume de Lou, qui consistait en cent li d'étendue sur chaque côté. Ce territoire était bien loin de ne pas lui suffire, quoiqu'il ne consistât qu'en cent li d'étendue sur chaque côté.
Thaï-koung reçut une principauté dans le royaume de Thsi, qui ne consistait aussi qu'en cent li d'étendue sur chaque côté. Ce territoire était bien loin de ne pas lui suffire, quoiqu'il ne consistât qu'en cent li d'étendue sur chaque côté.
Maintenant le royaume de Lou a cinq fois cent li d'étendue sur chaque côté. Pensez-vous que si un nouveau souverain apparaissait au milieu de nous, il diminuerait l'étendue du royaume de Lou ou qu'il l'augmenterait?
Quand même on pourrait prendre [la ville de Nan-yang] sans coup férir, et l'adjoindre au royaume de Lou, un homme humain ne le ferait pas; à plus forte raison ne le ferait-il pas s'il fallait la prendre en tuant des hommes.
L'homme supérieur qui sert son prince [comme il doit le servir] doit exhorter son prince à se conformer à la droite raison, à appliquer sa pensée à la pratique de l'humanité, et rien de plus.
Usa las flechas ← → del teclado para pasar de capítulo.