Chapter 18 of 19
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Oh! échanson! verse, fais resplendir notre coupe par l’éclat du vin. Chanteur! continue ton refrain, car les douceurs de ce monde répondent à nos désirs.
Nous avons vu, reflétée dans la coupe[1], l’image de l’objet aimé, sachez-le, ô vous qui ignorez les délices de nos constantes libations!
Quels que soient la grâce, les mignardises délicates, les gestes amoureux de ces grandes et belles créatures, elles sont éclipsées dès qu’apparaît ma bien-aimée, à la taille élancée comme celle d’un cyprès, à la démarche lente et gracieuse.
Celui à qui l’amour a donné la vie ne mourra jamais. C’est pourquoi l’éternité de notre existence est inscrite sur les feuillets de l’univers.
Je crains bien qu’au jour du jugement dernier le pain licite du cheikh[2] n’ait aucun mérite sur notre illicite boisson.
Ô Zéphyr, si tu viens à passer par l’Élysée où sont réunis nos amis, n’oublie pas notre mie[3] et en lui présentant nos saluts, dis-lui:
Pourquoi, dès à présent et de propos délibéré, nous oublier ainsi? Assez tôt viendra le temps où tu oublieras jusqu’à notre nom[4].
L’effet des vapeurs du vin sied aux yeux langoureux de notre ravissante amie. Là, est la raison pour laquelle on nous a prédestiné à cette douce ivresse à laquelle nous nous livrons.
Cette plaine céleste, semblable à une mer sans bornes, et ce croissant qui, tel qu’un navire, semble voguer sur l’onde, sont inondés des bienfaits de notre Hadji Qawam[5].
Donne un libre cours à tes larmes, ô Hafiz, laisse couler ces grains de perle, il se peut qu’alors, attiré par ces appâts, l’oiseau compatissant qui rapproche les amants vienne se prendre dans nos filets!
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