Chapter 82 of 143
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3. Koung-sun-tcheou fit une question en ces termes: Kao-tseu disait: «L'ode Siao-pan[6] est une pièce de vers d'un homme bien médiocre.»
MENG-TSEU dit: Pourquoi Kao-tseu s'exprime-t-il ainsi?
—Parce que celui qui parle dans cette ode éprouve un sentiment d'indignation contre son père.
MENG-TSEU répliqua: Comme ce vieux Kao-tseu a mal compris et interprété ces vers!
Je suppose un homme en ce lieu. Si un autre homme du royaume de Youeï, l'arc tendu, s'apprêtait à lui lancer sa flèche, alors moi je m'empresserais, avec des paroles gracieuses, de l'en détourner. Il n'y aurait pas d'autre motif à ma manière d'agir, sinon que je lui suis étranger. Si, au contraire, mon frère aîné, l'arc tendu, s'apprêtait à lui lancer sa flèche, alors je m'empresserais, avec des larmes et des sanglots, de l'en détourner. Il n'y aurait pas d'autre motif à cela, sinon que je suis lié à lui par des liens de parenté.
L'indignation témoignée dans l'ode Siao-pan est une affection de parent pour un parent. Aimer ses parents comme on doit les aimer est de l'humanité. Que ce vieux Kao-tseu a mal compris et expliqué ces vers!
Koung-sun-tcheou dit: Pourquoi, dans l'ode Kai-foung, le même sentiment d'indignation n'est-il pas exprimé?
MENG-TSEU dit: Dans l'ode Kaï-foung, la faute des parents est très-légère; dans l'ode Siao-pan, la faute des parents est très-grave. Quand les fautes des parents sont graves, si l'on n'en éprouve pas d'indignation, c'est un signe qu'on leur devient de plus en plus étranger. Quand les fautes des parents sont légères, si l'on en éprouve de l'indignation, c'est un signe que l'on ne supporte pas une légère faute. Devenir étranger à ses parents est un manque de piété filiale; ne pas supporter une faute légère est aussi un manque de piété filiale.
KHOUNG-TSEU disait en parlant de Chun: Que sa piété filiale était grande! A l'âge de cinquante ans, il chérissait encore vivement ses parents.
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