Chapter 7 of 57
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La haine.1. Toutes ces bonnes œuvres, la charité, le culte des Buddhas, le bien qu’on a fait pendant des milliers de kalpas, tout cela est détruit par la haine.
2. Il n’y a pas de vice égal à la haine, ni d’ascèse égale à la patience; donc il faut, par des moyens variés, cultiver activement la patience.
3. L’âme n’atteint pas la paix, ne goûte pas la joie et le bien-être, ne parvient pas au sommeil et à l’équilibre, tant qu’est fiché dans le cœur le dard de la haine.
4. Cadeaux, égards, protection, n’empêchent pas ceux qui en profitent de souhaiter la perte du maître que sa dureté leur rend odieux.
5. Ses amis mêmes se dégoûtent de lui; il donne et n’est point servi; bref, il n’est rien par quoi l’homme irascible puisse être heureux.
6. Celui qui, reconnaissant dans la colère l’ennemi auteur de tous ses maux, l’attaque avec énergie, celui-là est heureux en ce monde et dans l’autre.
7. Né de la crainte réalisée ou du désir trompé, le mécontentement est l’aliment de la haine qui, fortifiée par lui, me perdra.
8. Donc, je détruirai l’aliment de cet ennemi, qui n’a d’autre rôle que de m’assassiner.
9. Que la pire calamité me survienne, ma joie n’en doit pas être troublée; car le mécontentement lui aussi est sans plaisir, et de plus il dissipe le mérite acquis.
10. S’il y a un remède, à quoi bon le mécontentement? S’il n’y a pas de remède, à quoi bon le mécontentement?
11. Douleur, humiliation, propos blessants, diffamation, tout cela nous le craignons pour nous et ceux que nous aimons, mais non pour notre ennemi, au contraire!
12. Le plaisir s’obtient à grand’peine; la douleur vient sans qu’on y pense: or la douleur, c’est le salut; sois donc ferme, ô mon âme!
13. Les habitants du Carnatic, dévots à Durgâ, s’imposent en vain la souffrance des brûlures et des lacérations: et moi, avec la délivrance pour but, comment pourrais-je être lâche?
14. Il n’existe rien d’irréalisable par l’exercice; donc, en s’habituant à des souffrances légères, on arrive à en supporter de grandes.
15. Moustiques, taons, mouches, faim, soif et autres sensations douloureuses, démangeaisons violentes et autres souffrances, pourquoi les négliger comme inutiles45?
16. Froid, chaud, pluie, vent, fatigue, prison, coups: il faut s’endurcir à tout cela, pour ne pas ensuite souffrir davantage.
17-18. Il en est qui, en voyant couler leur sang, redoublent de vaillance; il en est qui défaillent à la vue du sang d’un autre: cela vient de la fermeté ou de la faiblesse de l’esprit; il suffit donc de résister à la douleur pour s’en rendre maître.
19. La douleur ne doit pas troubler la sérénité du sage; car il se bat contre les Passions, et la guerre ne va pas sans douleur.
20. Ceux qui battent l’ennemi en offrant leur poitrine à ses coups, ceux-là sont des vainqueurs héroïques; les autres ne sont que des tueurs de morts.
21. La douleur a une grande vertu: c’est un ébranlement qui provoque la chute de l’infatuation, la pitié envers les créatures, la crainte du péché, la foi dans le Buddha.
22. Je ne m’irrite pas contre la bile et autres humeurs, bien qu’elles soient cause de grandes souffrances; pourquoi m’irriter contre des êtres conscients? Eux aussi sont irrités par les causes.
23. De même que ces souffrances sont produites par les humeurs sans être voulues, de même l’irritation de l’être conscient naît par force et sans être voulue.
24. L’homme ne s’irrite pas à son gré en pensant: « Je vais me mettre en colère », pas plus que la colère ne naît après avoir projeté de naître.
25. Mais toutes les fautes, tous les péchés se produisent par la force des causes: il n’en est point qui soient spontanés.
26. La réunion des causes ne pense pas qu’elle engendre, et l’effet ne pense pas qu’il est engendré.
Contre le Sâṃkhya et le Vedânta. 27. Ce principe même qui est postulé sous le nom de Matière primitive (Pradhâna) ou imaginé sous le nom d’Âme (Âtman), ne naît pas après avoir pensé: « Je nais. »
28. Car avant d’être né, il n’existe pas: comment donc désirerait-il être?
[S’il est éternel], il ne peut cesser d’être en fonction de son objet [et la délivrance est impossible].
29. Si l’Âtman est éternel, inconscient et infini, comme l’espace, il est évidemment inactif; même en contact avec d’autres causes, comment ce qui est immuable pourrait-il agir?
30. S’il est, au moment de l’action, ce qu’il était auparavant, quelle action pourrait-il exercer? « Son action propre », dit-on; mais dans ce complexe de causes, lequel des deux éléments est la cause?
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