Skip to content
The ConsciousLibrary

Chapter 16 of 23

· 16

C’est ce qu’on appelle se glorifier du vol; ce n’est point pratiquer le Tao.

Celui qui sait fonder ne craint point la destruction;

celui qui sait conserver ne craint point de perdre.

Ses fils et ses petits-fils lui offriront des sacrifices sans interruption.

Si (l’homme) cultive le Tao au dedans de lui-même, sa vertu deviendra sincère.

S’il le cultive dans sa famille, sa vertu deviendra surabondante.

S’il le cultive dans le village, sa vertu deviendra étendue.

S’il le cultive dans le royaume, sa vertu deviendra florissante.

S’il le cultive dans l’empire, sa vertu deviendra universelle.

C’est pourquoi, d’après moi-même, je juge des autres hommes; d’après une famille, je juge des autres familles; d’après un village, je juge des autres villages; d’après un royaume, je juge des autres royaumes; d’après l’empire, je juge de l’empire.

Comment sais-je qu’il en est ainsi de l’empire? C’est uniquement par là.

Celui qui possède une vertu solide ressemble à un nouveau-né qui ne craint ni la piqûre des animaux venimeux, ni les grilles des bêtes féroces, ni les serres des oiseaux de proie.

Ses os sont faibles, ses nerfs sont mous, et cependant il saisit fortement les objets.

Il ne connaît pas encore l’union des deux sexes, et cependant certaines parties (de son corps) éprouvent un orgasme viril. Cela vient de la perfection du semen.

Il crie tout le jour et sa voix ne s’altère point; cela vient de la perfection de l’harmonie (de la force vitale).

Connaître l’harmonie s’appelle être constant.

Connaître la constance s’appelle être éclairé.

Augmenter sa vie s’appelle une calamité.

Quand le cœur donne l’impulsion à l’énergie vitale, cela s’appelle être fort.

Dès que les êtres sont devenus robustes, ils vieillissent.

C’est ce qu’on appelle ne pas imiter le Tao.

Celui qui n’imite pas le Tao périt de bonne heure.

L’homme qui connaît (le Tao) ne parle pas; celui qui parle ne le connaît pas.

Il clot sa bouche, il ferme ses oreilles et ses yeux, il émousse son activité, il se dégage de tous liens, il tempère sa lumière (intérieure), il s’assimile au vulgaire. On peut dire qu’il ressemble au Tao.

Il est inaccessible à la faveur comme à la disgrâce, au profit comme au détriment, aux honneurs comme à l’ignominie.

C’est pourquoi il est l’homme le plus honorable de l’univers.

Avec la droiture, on gouverne le royaume; avec la ruse, on fait la guerre; avec le non-agir, on devient le maître de l’empire.

Comment sais-je qu’il en est ainsi de l’empire? Par ceci.

Plus le roi multiplie les prohibitions et les défenses, et plus le peuple s’appauvrit;

Plus le peuple a d’instruments de lucre, et plus le royaume se trouble;

Use the ← → keys to move between chapters.

· 16 · Daodejing (Tao Te Ching). The Book of the Way and its Virtue — Laozi · The Conscious Library