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The ConsciousLibrary

Chapter 15 of 19

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Hier au soir le directeur de nos consciences, en sortant de la Mosquée, se dirigea vers la taverne! Ô amis! quelle doit être notre conduite après un tel exemple[1]!

Nous, pauvres brebis, comment pourrions-nous avoir la face tournée vers la Kaaba, notre pasteur ayant la sienne tournée vers le cabaret?

Réunissons-nous donc tous chez le marchand de vin, puisque, de toute éternité, notre sort l’a ainsi décidé.

Oh! si l’intelligence savait combien le cœur se trouve bien suspendu à une belle chevelure, tous les hommes d’esprit deviendraient fous pour la chaîne qui nous tient en si douce captivité.

Mon cœur avait enfin saisi comme une proie un instant de repos, lorsque, hélas! en dénouant ta merveilleuse chevelure, tu l’exaspéras derechef et le replongeas dans ses cruels tourments[2].

Ton joli visage est pour nous un échantillon de la beauté divine; voilà pourquoi, dans nos poétiques narrations, il n’est question que de charmes et d’attraits.

Ton cœur de pierre sera-t-il enfin une fois au moins touché par nos lamentations cuisantes, par nos soupirs brûlants, qui, la nuit, nous tourmentent?

Le zéphyr doucement éparpilla tes belles tresses et mes yeux, à cette vue éblouis, furent aussitôt envahis de ténèbres. Voilà, cruelle, tout le profit qui m’est revenu de l’admiration que m’inspira ta belle chevelure.

La flèche de mes soupirs franchit les limites du monde. Ô Hafiz[3], tais-toi donc, aie pitié de ton âme! mets-là à l’abri de ses terribles atteintes.

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9 · Divan: ghazals — Hafez · The Conscious Library