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The ConsciousLibrary

Chapter 12 of 19

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Mon cœur m’échappe des mains, ô hommes compatissants! Pour l’amour de Dieu! au secours! hélas! mon secret le plus caché va être dévoilé.

Nous voguons sur le vaisseau du monde: ô vent favorable! lève-toi, il se peut que grâce à toi nous revoyions l’objet chéri de notre cœur[1].

La faveur de ce monde n’est qu’une fable, une fable d’à peine dix jours de durée. Ô amie, ne laisse donc point échapper cette occasion de faire un peu de bien à ceux qui t’aiment.

Le miroir d’Alexandre n’est que la coupe de Djem — considère cette coupe, elle t’apprendra l’état de Darius[2].

Ô toi qui es si généreuse, daigne t’informer, ne fût-ce que sous la forme d’un remerciement à Dieu pour la santé dont tu jouis, de l’état du pauvre derviche dénué de tout.

La paix des deux mondes repose sur ces deux mots: bienveillance envers les amis, modération envers les ennemis.

Il ne nous a pas été donné accès dans la demeure de la bonne renommée: si tel que nous sommes tu te nous agrées pas, va, change les arrêts du destin[3].

Cet amer[4] qu’on qualifie de mère de tous les vices est pour nous plus appétissant, plus doux qu’un baiser sur la joue d’une vierge.

Ne fais point le revêche, car, tu le sais, notre puissante amie pourrait en retour, allumée par le feu de la revanche, te consumer comme une résine[5], le caillou le plus dur étant entre ses mains mou comme de la cire.

Dans ta détresse efforce-toi de te divertir: aie recours à l’ivresse, car cette alchimie de l’être réduit même un Karoun[6] à la mendicité.

Hier, sur le soir, entre les roses et le vin le rossignol chantait joyeusement: apportez la coupe. Oh! vous tous qui êtes pris de vin, salut sur vous.

Ce n’est pas de plein gré que Hafiz a endossé ce froc souillé de vin. Ô vous, cheikh plein de pudeur, sachez-le et excusez-moi[7].

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6 · Divan: ghazals — Hafez · The Conscious Library