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The ConsciousLibrary

Chapter 5 of 19

Texte entier · 5

L’effet des vapeurs du vin sied aux yeux langoureux de notre ravissante amie. Là, est la raison pour laquelle on nous a prédestiné à cette douce ivresse à laquelle nous nous livrons.

Cette plaine céleste, semblable à une mer sans bornes, et ce croissant qui, tel qu’un navire, semble voguer sur l’onde, sont inondés des bienfaits de notre Hadji Qawam[54].

Donne un libre cours à tes larmes, ô Hafiz, laisse couler ces grains de perle, il se peut qu’alors, attiré par ces appâts, l’oiseau compatissant qui rapproche les amants vienne se prendre dans nos filets!

L’aurore commence à poindre, les nues se rassemblent comme des troupeaux de moutons. Oh! amis, du vin! du vin![55].

Les gouttes de rosée perlent sur les tulipes, ô amis! du vin du matin! du vin!

Le zéphyr du séjour céleste souffle et traverse la prairie. Oh! buvez! buvez! buvez constamment du vin limpide.

Les fleurs entrelacées forment un trône d’or sur le gazon; oh! profite d’un tel moment, jouis de ce vin couleur de feu.

Désormais la porte de la taverne est fermée, ouvre-la, toi qui ouvres toutes les portes[56].

Il est étrange qu’en une saison pareille l’on mette tant d’empressement à fermer les portes de la taverne.

Si, comme Alexandre, tu prétends à la vie éternelle, cherche-la sur les lèvres roses de cette ravissante beauté.

Oui, tes lèvres, tes jolies lèvres étaient en droit de déverser sur les blessures brûlantes de mon cœur tout le sel dont elles sont empreintes.

O Hafiz, n’aie aucun chagrin, car la fortune, cette amante chérie, finira bien par soulever son voile en ta faveur.

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Texte entier · 5 · Divan: ghazals — Hafez · The Conscious Library