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Chapter 17 of 63

Texte entier · 17

LE PRINCE. – De ce qu’un État s’est fondé par la guerre, ce qui est incontestable, vous concluez, sans doute, à l’importance de la guerre. Mais moi je crois qu’on doit seulement en conclure que l’État n’a pas d’importance. Du moins, ainsi raisonnent les gens qui ont répudié le culte de la force.

L’HOMME POLITIQUE. – Allons! Tout de suite le culte de la force! Pourquoi donc? Vous devriez plutôt essayer d’établir une société humaine en dehors des conditions auxquelles elle est assujettie, ou bien renoncer à tout ce qui dépend de ces conditions; – alors, vous pourrez dire que l’État n’a pas d’importance. Mais tant que vous n’aurez pas fait cela, l’État et tout ce dont vous et nous lui sommes redevables, tout cela reste un fait immense, tandis que vos attaques contre lui se réduisent à de pauvres paroles. Donc, je le répète: la grande importance de la guerre, comme principale condition de la création de l’État, ce point ne supporte pas le doute; mais, maintenant, voici ce que je demande: est-ce que cette grande affaire de la fondation de l’État ne peut pas être considérée comme terminée, dans ses lignes essentielles? L’œuvre de détail, assurément, peut être accomplie sans qu’on ait besoin de recourir à un moyen aussi héroïque que la guerre. Dans l’Antiquité et durant le Moyen Âge, lorsque le monde de la culture européenne ne représentait qu’une île au milieu d’un océan de races plus ou moins sauvages, la guerre s’imposait directement, comme un moyen de défense personnelle. On avait besoin d’être toujours en mesure de repousser des hordes de toute espèce qui, sorties de régions inconnues, se précipitaient pour étouffer les faibles germes de la civilisation. Mais, à notre époque, ce sont les éléments non européens qui forment des îles, tandis que la culture européenne est devenue l’océan qui ronge les bords de ces îles. Nos savants, nos explorateurs, nos missionnaires ont fouillé tout le globe terrestre et nous n’avons rien aperçu qui menace d’un sérieux péril le monde civilisé. Avec beaucoup de succès, les sauvages s’appliquent à se détruire et à s’éteindre. Les soldats barbares, comme les Turcs et les Japonais, se civilisent et perdent leur instinct guerrier. Cependant, l’unification des peuples européens dans la vie sociale cultivée…

LA DAME (à demi-voix). – Monte-Carlo…

L’HOMME POLITIQUE. –… s’est augmentée au point qu’une guerre entre ces nations aurait positivement, sous tous les rapports, le caractère d’une guerre civile; chose inexcusable, étant donnée la possibilité que nous avons de régler pacifiquement les conflits internationaux. À notre époque, régler de telles questions par la guerre serait aussi fantastique que de venir de Pétersbourg à Marseille en bateau à voile ou en tarantass à trois chevaux. J’avoue cependant que « la voile solitaire blanchit » [25] et « l’audacieuse troïka s’emporte » [26] sont beaucoup plus poétiques que les coups de sifflet d’un bateau à vapeur ou le cri: « En voiture, messieurs! » De même, je suis prêt à reconnaître que « l’acier hérissé » [27] et « les régiments s’ébranlent, agités, étincelants » [28] ont la supériorité esthétique sur les portefeuilles des diplomates et devant les tables de drap des congrès de la paix. Mais le sérieux exposé d’une question si vitale ne doit, évidemment, ressentir aucun souci d’une appréciation esthétique de cette beauté qui n’appartient pas à la guerre réelle – chose absolument laide, je vous assure, – mais seulement au reflet que lui donne l’imagination du poète ou de l’artiste. Quand une fois tout le monde commence à comprendre que la guerre, avec toutes les ressources qu’elle offre à la poésie et à la peinture, – en quoi les guerres passées suffisent amplement, – n’a plus aujourd’hui aucune raison d’être, parce qu’elle ne procure plus d’avantages, et aussi parce que c’est un moyen trop coûteux et trop hasardeux pour recueillir des résultats qui peuvent être obtenus à meilleur marché et plus sûrement – alors, c’est que la période guerrière de l’histoire est finie. Bien entendu, je parle en grand[29]. D’aucune manière, il ne peut être question d’un désarmement immédiat. Mais je suis bien persuadé que nous et nos enfants ne verrons pas de grandes guerres, de guerres véritables; et qu’en fait de petites guerres, nos petits-fils connaîtront seulement le récit de celles qui auront lieu dans quelque région de l’Asie ou de l’Afrique.

Au sujet de Vladimir Monomach, voici ma réponse: quand il fallait protéger l’avenir du jeune État russe contre les Polovtsi, puis contre les Tatares, etc., la guerre était la chose la plus importante et la plus nécessaire. Cela aussi on peut, jusqu’à un certain point, le dire de l’époque de Pierre le Grand, quand s’imposait le devoir d’assurer le sort de la Russie comme nation européenne. Mais, ensuite, l’importance de la guerre devient de plus en plus sujette à la discussion. Maintenant, ainsi que je viens de le dire, la période guerrière de l’histoire est terminée, en Russie comme partout. Ce que je viens de dire de notre peuple s’applique, naturellement, mutatis mutandis, aux autres pays européens. Partout, autrefois, la guerre était le principal et inévitable moyen de protéger et de fortifier la vie publique et nationale; et partout, à cause même de la réalisation de ce but, elle perd sa raison d’être.

Soit dit par parenthèse, je m’étonne que certaines philosophies d’aujourd’hui traitent du sens de la guerre sans tenir compte des époques. La guerre a-t-elle un sens? C’est selon[30]. Hier, peut-être, elle avait une signification partout; aujourd’hui, elle en a une seulement dans quelque région de l’Afrique et dans l’Asie centrale, là où se trouvent encore des peuples sauvages; mais demain on ne la comprendra plus nulle part. Il y a lieu de remarquer qu’en perdant sa valeur pratique la guerre perd aussi, quoique lentement, sa mystique auréole. Cela est évident même parmi un peuple arriéré en masse, comme le nôtre. Jugez vous-mêmes: l’autre jour, sur le ton du triomphe, le Général nous a montré que chez nous tous, les saints sont ou des moines ou des soldats. Mais, je vous en prie, dites-moi donc à quelle époque historique, précisément, se rapporte cette sainteté guerrière ou ce militarisme saint? Est-ce que ce n’est pas l’époque même où la guerre était réellement une œuvre tout à fait indispensable, salutaire et, si vous le voulez, sainte? Nos saints guerriers étaient tous des princes de l’époque de Kiev ou de l’époque mongole. Parmi eux je ne me rappelle pas avoir vu aucun lieutenant-général ni même aucun général-lieutenant. Qu’est-ce que cela veut dire? Voici deux guerriers illustres qui ont autant de droits l’un que l’autre de prétendre personnellement à la sainteté. Elle est reconnue à l’un et pas à l’autre. Pourquoi?

Alexandre Newsky, au treizième siècle, a tué des Livoniens et des Suédois; et il est saint; – Alexandre Souvorov, au dix-huitième siècle, a tué des Turcs et des Français; et lui n’est pas saint. Pourquoi? je le demande. À Souvorov on ne peut rien reprocher d’incompatible avec la sainteté. Il était sincèrement pieux, chantait avec ardeur dans l’église, où il lisait à l’ambon; il a mené une vie irréprochable, sans une seule aventure d’amour. Enfin, ses folies, loin d’y faire obstacle, plaideraient plutôt, comme un argument superflu, pour sa canonisation. Mais la différence consiste en ceci: Alexandre Newsky combattait pour l’avenir national et politique de son pays, pays à demi dévasté dans l’Est et qui avait grand-peine à repousser les nouveaux envahisseurs qui venaient de l’Ouest. L’instinct populaire comprit l’importance capitale de la situation et donna à ce prince la plus haute récompense que l’on pût offrir en le mettant au nombre des saints. Cependant, les exploits de Souvarov, quoique incomparablement plus importants au point de vue militaire – surtout sa marche à travers les Alpes, comme Hannibal, – ne correspondaient à aucune nécessité impérieuse. Il n’avait pas entre les mains le salut de la Russie. Voilà pourquoi il n’est rien de plus qu’une célébrité militaire.

LA DAME. – Mais les généraux de 1812, bien qu’ils aient sauvé la Russie menacée par Napoléon, n’ont pas cependant été mis au rang des saints.

L’HOMME POLITIQUE. – La Russie sauvée de Napoléon, cela c’est de la rhétorique patriotique. Il ne nous aurait pas mangés; et il n’y pensait point. Si, à la longue, nous l’avons vaincu, c’est, assurément, une preuve de la force de notre peuple et de notre état, comme aussi de notre sentiment national. Mais qu’en 1812 la guerre ait été pour nous une obligation impérieuse, non, je ne l’admettrai jamais. On pouvait très bien être en opposition avec Napoléon; mais l’irriter, on ne le pouvait pas sans un grand risque. L’aventure a bien tourné; son issue a été flatteuse pour notre amour-propre national; et, cependant, c’est à peine si les conséquences éloignées en peuvent être considérées comme un avantage véritable. Lorsque, à propos de rien, deux athlètes se déchirent et que l’un renverse l’autre, sans avoir porté ni reçu un coup dangereux, naturellement, je donnerais bien au vainqueur le nom de brave; mais je continuerais à mettre en doute la nécessité d’un tel déploiement de courage. La gloire de 1812 et les manifestations de vertu nationale demeurent en nous, quelles que fussent les causes de la guerre.

Alors la sainte histoire de l’année douze Était encore toute vivante…

C’est très beau pour la poésie, l’« histoire sainte ». Mais je cherche les résultats; et alors je vois: l’archimandrite Photius, Magnitsky, Araktchev, la conspiration des Décabristes, d’un côté; de l’autre, en somme[31], ces trente années du régime militariste attardé qui a eu pour aboutissement la dévastation de Sébastopol.

LA DAME. – Et Pouchkine?

L’HOMME POLITIQUE. – Pouchkine?… Pourquoi Pouchkine?

LA DAME. – J’ai lu récemment dans les journaux que la poésie nationale de Pouchkine a été engendrée par la glorieuse guerre de 1812.

M. Z… – Non sans la spéciale participation de l’artillerie, comme l’indique le nom de famille du poète[32].

L’HOMME POLITIQUE. – Soit; c’est possible. Je continue. Dans le cours du temps, l’inefficacité, l’inutilité de nos guerres devient de plus en plus évidente. Chez nous, on apprécie beaucoup la guerre de Crimée parce que son insuccès a provoqué l’affranchissement des serfs et les autres réformes d’Alexandre II. S’il en est ainsi, les heureuses conséquences d’une guerre malheureuse, et précisément pour cela seul qu’elle a été malheureuse, ne sauraient servir d’apologie pour la guerre en général. Supposons que, sans savoir pourquoi, je m’avise de sauter d’un balcon, que je me démette la main et que, fort à propos, cette luxation m’empêche de souscrire une ruineuse lettre de change, il ne me viendra pas à l’esprit de soutenir qu’en général on doit sauter d’un balcon et non pas en descendre par l’escalier. L’homme dont la raison n’est pas endommagée ne supposera jamais qu’il doit s’endommager la main afin de se dispenser de contracter une dette désastreuse. À lui seul, le sens commun suffira pour le préserver en même temps des sauts absurdes du haut d’un balcon et d’absurdes signatures. Je pense que, sans la guerre de Crimée, les réformes d’Alexandre II se seraient accomplies quand même, et encore, s’il vous plaît, d’une manière plus profonde et plus complète. Mais je n’entreprendrai pas de le démontrer; car je tiens à ne pas m’écarter de la question. En tout cas, les actes politiques ne peuvent pas être appréciés d’après leurs conséquences indirectes et imprévues. La guerre de Crimée, dans son principe, c’est-à-dire l’avance de notre armée sur le Danube, en 1853, n’a pas de justification raisonnable. Je ne puis considérer comme sensée une politique qui, un jour, applique le programme de sauver la Turquie des dévastations du pacha égyptien Méhémet-Ali, en s’opposant à la division du monde musulman et à l’existence de deux centres, Stamboul et le Caire, – ce qui, sans doute, n’aurait pas été un trop grand malheur pour nous – et qui, un autre jour, se prépare à détruire cette même Turquie qu’elle vient de sauver et de fortifier, et, en outre, accepte le risque de se heurter à une coalition européenne. Ce n’est pas de la politique: c’est une espèce de donquichottisme. J’en demande pardon au Général, mais je ne puis qualifier autrement notre dernière guerre.

LA DAME. – Et les bachi-bouzouks d’Arménie? Vous avez approuvé le Général de les avoir exterminés.

L’HOMME POLITIQUE. – Je vous demande pardon! Je soutiens qu’à notre époque la guerre est devenue inutile. Or, le récit encore tout frais que nous a fait le Général ne peut servir qu’à illustrer cette vérité. Je reconnais que, dans le cas où il y a obligation personnelle de prendre une part active à la guerre et lorsqu’on se trouve en face de troupes turques irrégulières qui exercent de révoltantes cruautés sur une population paisible, tout homme… (en regardant le Prince) libre d’« absolus principes » préconçus doit, par sentiment et par obligation, détruire sans pitié de tels ennemis, comme l’a fait le Général, et non pas songer à la régénération morale dont le Prince s’est montré préoccupé. Mais je demande, d’abord, qui a vraiment la responsabilité de toutes ces horreurs et, en second lieu, quel résultat a procuré l’intervention militaire? Pour répondre à la première question, je n’ai, en conscience, qu’à signaler la mauvaise politique guerrière, qui, tout en stimulant les passions et les prétentions des rajas turcs, a irrité la Turquie. On a commencé à massacrer des Bulgares lorsque la Bulgarie était pleine de comités révolutionnaires. Alors, les Turcs avaient lieu de craindre l’intervention étrangère et, en même temps, l’effondrement de leur État. De même en Arménie. Sur le second point – qu’est-il résulté de l’intervention? – la réponse donnée par les événements d’hier est si simple qu’elle frappe l’esprit de tout le monde. Regardez. En 1877, notre Général détruit quelques milliers de bachi-bouzouks et sauve ainsi, peut-être, quelques centaines d’Arméniens. En 1895, dans la même région, les bachi-bouzouks massacrent non pas quelques centaines mais plusieurs milliers et peut-être des dizaines de mille de ses habitants. D’après certains correspondants (que d’ailleurs je ne garantis pas), près d’un demi-million d’hommes auraient péri de la sorte. Sans doute, c’est une fable. En tout cas, ce carnage d’Arméniens fut beaucoup plus considérable que n’avait été le carnage de Bulgares. Tels sont les heureux résultats de nos guerres patriotiques et philanthropiques.

LE GÉNÉRAL. – Alors, comprenne qui pourra. Tantôt, c’est la mauvaise politique qui est coupable; tantôt, c’est la guerre patriotique. À vous entendre, on croirait que Gortchakov et M. de Giers étaient des soldats, ou que Disraeli et Bismarck étaient des patriotes et des philanthropes russes.

L’HOMME POLITIQUE. – Vous trouvez que mon exposé n’est pas clair? J’envisage une relation très certaine – nullement abstraite ou idéale – tout à fait réelle, un rapport positif entre la guerre de 1877, conséquence de notre mauvaise politique, et la récente extermination des chrétiens en Arménie. Peut-être savez-vous, mais peut-être avez-vous besoin de savoir qu’après 1878, la Turquie, calculant les résultats futurs qu’aurait pour elle en Europe le traité de San-Stéfano, résolut de garantir sérieusement son existence, au moins en Asie. D’abord, au Congrès de Berlin, elle s’assura la garantie de l’Angleterre. Mais, se conformant avec raison à la maxime: « Compte sur l’Angleterre et tiens-toi sur tes gardes », le gouvernement turc s’occupa d’augmenter, en Arménie, le nombre et l’organisation de ses troupes irrégulières, c’est-à-dire, plus ou moins, des mêmes « démons » avec lesquels a eu affaire le Général. Cela semblait très judicieux. Cependant, quinze ans après que Disraeli, en échange de la cession de l’île de Chypre, eut garanti à la Turquie ses possessions d’Asie, la politique anglaise, les circonstances ayant changé, devint hostile aux Turcs et favorable aux Arméniens. On vit en Arménie des agitateurs anglais, de même que jadis on avait vu en Bulgarie des agitateurs slavophiles. Alors, les « démons » bien connus du Général se montrèrent, suivant la formule, les hommes de la situation et, selon le sens très positif de l’expression, ils mangèrent la plus large portion de chair chrétienne, chaque fois qu’il leur en tombait sous la dent.

LE GÉNÉRAL. – Impossible d’écouter de pareilles choses! Dans le cas dont nous parlons, quelle est donc la guerre qui mérite d’être incriminée? Au moins, ayez la crainte de Dieu. Si, en 1878, les hommes d’État avaient fait leur devoir aussi bien que les hommes de guerre, aucun renforcement et aucune organisation des troupes irrégulières en Arménie n’auraient pu avoir lieu, ni, par conséquent, aucun des massacres que je viens de rappeler.

L’HOMME POLITIQUE. – Est-ce à dire que vous admettez la définitive destruction de l’empire turc?

LE GÉNÉRAL. – Oui. Quoique j’estime et j’aime les Turcs de tout mon cœur, comme un peuple très beau, surtout quand je le compare aux Éthiopiens de différentes couleurs, néanmoins, je pense que, depuis longtemps, l’heure a sonné d’en finir avec l’empire turc.

L’HOMME POLITIQUE. – Je ne pourrais rien vous objecter, si, à sa place, ceux que vous appelez les Éthiopiens étaient capables de s’organiser en une espèce d’empire. Mais, en fait, ils ne savent que se déchirer entre eux. Donc, à leur égard, le gouvernement turc est nécessaire, comme est nécessaire sur le sol de Jérusalem la présence de troupes turques, pour la paix et pour le bien-être des diverses confessions chrétiennes rassemblées dans ces lieux.

LA DAME. – Là! Je supposais bien que vous voulez abandonner le Saint-Sépulcre aux Turcs, pour toujours.

L’HOMME POLITIQUE. – Et, naturellement, vous croyez que cela provient de mon athéisme ou de mon indifférence? Pourtant, en réalité, je désire la présence des Turcs à Jérusalem uniquement par sollicitude pour une petite mais inextinguible étincelle de sentiment religieux, étincelle qui demeure en moi et qui date de mon enfance. J’ai la certitude qu’à la minute où les soldats turcs quitteraient les corps de garde de Jérusalem, tous les chrétiens qui sont là se mettraient à s’entrégorger, non sans avoir, préalablement, détruit toutes les choses saintes du christianisme. Si mes impressions et mes conclusions vous semblent suspectes, interrogez ces pèlerins en qui vous avez confiance, ou, ce qui serait le mieux, allez voir de vos propres yeux.

LA DAME. – Aller à Jérusalem? Ah! non. Qu’est-ce qu’on y voit encore?… J’ai peur, j’ai peur!

L’HOMME POLITIQUE. – Bien, je constate.

LA DAME. – Mais comme c’est étrange! Vous discutez avec le Général, et tous deux vous exaltez les Turcs.

L’HOMME POLITIQUE. – Le Général, probablement, les apprécie comme de braves soldats, tandis que moi comme les gardiens de l’ordre et de la paix en Orient.

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Texte entier · 17 · Three Conversations on War, Progress and the End of World History, Including a Short Tale of the Antichrist — Vladimir Solovyov · The Conscious Library